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El Roslino
Une croissance atone, des finances publiques dégradées, un environnement international déstabilisant... L'épargnant doit être stratège pour prendre des risques calculés s'il veut que son argent lui rapporte plus que l'inflation.
Si l'adoption au forceps du budget 2025 a provoqué un soulagement dans les milieux économiques, les grands équilibres de la loi de finances, et le cadrage macroéconomique sur lequel elle repose, n'incitent pas à un optimisme béat. Révisée à la baisse par le gouvernement Bayrou, la prévision de croissance de 0,9 % paraît à certains encore bien optimiste.
Elle n'est en tout cas pas de nature à faire diminuer le chômage, reparti à la hausse en 2024 ; ni à faire espérer des rentrées fiscales surprises, qui amélioreraient la situation budgétaire catastrophique. Désormais prévu à 5,4 % en 2025 (contre 6 % en 2024), le déficit public continue à absorber une part considérable des ressources de l'Etat, et ce d'autant que les taux d'intérêt auxquels la France emprunte connaissent un regain de tension. Pour noircir un peu plus le tableau, les comptes sociaux, eux aussi, sont fortement dégradés.
En clair, le scénario n'est pas bon et la France est sur le fil, surveillée de près par les marchés financiers. Un peu comme à la fin du film « Match Point » de Woody Allen, la pièce peut tomber à tout moment du bon ou du mauvais côté. Et cette incertitude alimente l'inquiétude des Français, qui continuent à épargner à tour de bras et se gardent bien de faire repartir la consommation.
Le bilan 2024 des livrets réglementés est à cet égard édifiant. Avec près de 15 milliards d'euros collectés en 2024, le livret A a battu tous ses records, dépassant l'encours de 442 milliards d'euros. Plus que jamais superstar, il a même engrangé une collecte exceptionnelle en décembre, un mois au cours duquel les ménages tirent traditionnellement sur leur bas de laine, remarque Philippe Crevel, le directeur du Cercle de l'Epargne, dans l'une de ses dernières Lettres économiques.
Si la bonne rémunération de cette épargne « de précaution » (3 % pour le livret A ou le livret de développement durable et social, le LDDS, 5 % puis 4 % pour le LEP, le livret d'épargne populaire) explique en partie ces résultats l'an passé, certains doutent que la diminution prévue dès ce mois-ci (passage à 2,4 % pour le livret A et le LDDS, 3,5 % pour le LEP) change réellement la donne, même si les fonds en euros de l'assurance-vie risquent de prendre le relais.
Il faudra pourtant sortir des sentiers battus en 2025 pour valoriser ses placements. Et surtout, accepter d'investir à long terme pour absorber les soubresauts des marchés, alors que le contexte géopolitique international est anxiogène et que la dynamique européenne subit la panne du moteur franco-allemand. Quand les Etats-Unis de Trump, eux, jouent à fond la carte de l'America First au risque de déstabiliser nos entreprises championnes de l'export avec la menace de droits de douane élevés.
L'assurance-vie, qui a toujours la confiance des épargnants - la collecte 2024 a, elle aussi, été excellente -, joue de plus en plus sur les deux tableaux : placement sécurisé pour sa partie fonds en euros, placement davantage diversifié pour sa partie unités de compte, qui donne accès à des produits toujours plus complexes ou à la mode. Retrouvez ci-dessous nos articles clés pour faire vos propres arbitrages et prendre des risques en connaissance de cause.