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Une étude de McKinsey Global Institute pour l'Institut de l'entreprise analyse l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi d'ici à 2030 en France.
Vais-je être remplacé par un robot ? Mes rapports seront-ils rédigés par des algorithmes ? L'intelligence artificielle ne va-t-elle pas me « voler » mon emploi ? Ce sont quelques-unes des questions que se posent certains salariés français, tous secteurs d'activité confondus, à l'heure de l'explosion de l'IA. Pour y répondre, le McKinsey Global Institute a mené, pour l'Institut de l'entreprise, une étude : L'IA et l'évolution des compétences en France. Elle prévoit de quelle façon les métiers vont évoluer et quelles compétences seront les plus demandées dans les cinq prochaines années. Le think tank américain a analysé comment, dans l'Hexagone, l'IA serait susceptible d'augmenter ou de réduire le temps consacré, pour 850 métiers, aux 2 100 tâches qu'ils induisent.
L'étude commence par un constat sans appel : d'ici à 2030, 27 % des tâches pourraient être confiées à l'IA. « Néanmoins, cette mutation ne sera ni uniforme, ni spontanée, décrypte Flora Donsimoni, directrice générale de l'Institut de l'entreprise. Les secteurs technologiques et les services financiers montrent déjà une plus grande maturité dans l'intégration de ces technologies, tandis que d'autres secteurs en début d'adoption, comme la santé ou le commerce de détail, progressent plus graduellement. »
Un taux d'emplois vacants historiquement haut.
Cela augure-t-il pour autant d'une perte d'emplois massive ? Non, répond McKinsey, car le contexte français actuel, avec le vieillissement de la population ou la réduction du temps de travail, a conduit à un nombre de postes non pourvus historiquement haut. Le taux d'emplois vacants a en effet grimpé à 3,4 % en 2022, soit plus du triple de son niveau de 2013, dépassant même la moyenne européenne de 2,9 %.
C'est bien davantage le type de compétences recherchées que le nombre de postes qui va évoluer ces prochaines années. Ainsi, l'IA générative (celle qui produit des données : images, textes, sons) devrait accroître l'automatisation du travail dans le service à la clientèle ou certaines tâches administratives : par exemple, la saisie ou le traitement de données, la rédaction, les communications simples. Les métiers qui nécessitent ces tâches devraient donc évoluer.
Pensée critique et aptitudes créatives, des compétences recherchées.
Mais les prévisions de McKinsey vont plus loin et étendent l'utilisation de l'IA aux tâches « nécessitant créativité et jugement critique, comme l'enseignement et la formation, les métiers artistiques, scientifiques et techniques, juridiques et commerciaux, administratifs, etc. ». De nombreux secteurs ne vont donc avoir d'autre choix que d'évoluer avec l'IA et de se transformer.
A contrario, les postes qui demandent le traitement d'informations complexes, une pensée critique ou des aptitudes créatives ne devraient pas être impactés par l'IA. D'ailleurs, souligne l'étude, « environ 44 % des dirigeants français interrogés ont d'ores et déjà signalé une pénurie de travailleurs disposant de ces compétences ».
Enfin, certaines compétences sont d'ores et déjà recherchées pour mener cette transition des métiers avec l'IA. Il s'agit « des compétences relationnelles et émotionnelles » qui demandent leadership et empathie, notamment pour accompagner les salariés les plus âgés. La demande de celles-ci devrait augmenter de 11 % d'ici 2030. De même et en toute logique, « l'augmentation de la demande de travailleurs dans les domaines scientifiques, techniques, d'ingénierie et de mathématiques est estimée de 16 % d'ici à 2030, soit environ 300 000 salariés », selon l'étude.
Former 300 000 personnes en cinq ans, mission impossible ? Non, répondent les rédacteurs de l'étude. Ils rappellent ainsi la transformation du métier des opératrices téléphoniques entre les années 1920 et 1940, qui n'a pas créé de choc économique. Autre exemple récent de la flexibilité du marché du travail : 300 000 employés français ont changé d'activité entre 2019 et 2022, avec la pandémie de Covid-19.
En outre, certains domaines ont d'ores et déjà des besoins importants de recrutement, comme dans le secteur de la santé. Leur demande devrait encore croître « de 23 % à 28 %, soit 800 000 emplois additionnels, pour répondre aux besoins liés au vieillissement de la population ». Encore faudra-t-il faire des efforts d'attractivité sur ces secteurs.
1,7 million de personnes pourraient changer de métier.
« Au total, il faut s'attendre à ce que 1,7 million de personnes soient contraintes de changer de métier d'ici à 2030, ce qui représenterait 6,3 % des salariés français », résume l'étude. Comment faire face à ce défi ? D'après McKinsey, les entreprises françaises favorisent trois approches. La première est la montée en compétences et la requalification d'une part des salariés déjà en poste - elle pourrait concerner 31 % des effectifs actuels. La deuxième, le recrutement de nouveaux talents, est envisagée par 24 % d'entre elles, surtout pour les postes hautement qualifiés. Enfin, troisième voie : l'externalisation des tâches, pour 18 % des postes.
Les entreprises devront et doivent donc déjà faire des efforts et déployer de la flexibilité pour aborder cette transition. Mais elles ne pourront le faire seules, précise Flora Donsimoni. « Cette transformation ne pourra pas réussir sans un dialogue social constructif et une collaboration étroite entre entreprises et pouvoirs publics. Ce dialogue est la clef d'un progrès économique et social partagé que nous appelons de nos vœux. » Le message sera-t-il reçu ?
El Roslino
Avantage, inconvénient, comme tout dans la vie.
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