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De Cate Blanchett à Ben Stiller, plus de 400 personnalités de l'industrie culturelle états-unienne s'opposent dans une lettre ouverte aux demandes d'Open AI et de Google, qui aimeraient entraîner leurs IA avec des œuvres... sans en rémunérer les ayants droit.
Hollywood se rebiffe contre l'IA. Cate Blanchett, Mark Ruffalo, Ben Stiller, Guillermo del Toro et plus de quatre cents autres figures éminentes de l'industrie du cinéma et, au-delà, du secteur culturel américain (dont Paul McCartney) ont adressé une lettre ouverte au Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, comme l'a révélé le magazine Variety. L'objet de leur colère ? Les récentes demandes d'Open AI et de Google, qui veulent contourner les règles de la propriété intellectuelle pour utiliser les œuvres cinématographiques (et autres) dans leurs programmes d'intelligence artificielle sans demander d'autorisation ni, a fortiori, reverser le moindre dollar à leurs créateurs.
Dès son investiture, Donald Trump a lancé un plan d'action pour renforcer la domination mondiale des États-Unis en matière d'IA, abrogeant un décret de 2023 à ses yeux trop restrictif signé par son prédécesseur Joe Biden. Il n'en fallait pas plus à Open AI pour oser demander au 47ᵉ président un assouplissement massif de la règlementation au nom de « la liberté d'innover » alors que, selon elle, quelque 780 projets de loi pour réguler l'IA auraient été présentés depuis début 2025 dans les différents États.
La start-up derrière ChatGPT, suivie par Google, propose que le principe du « fair use » (utiliser les contenus sans l'autorisation de leur ayants droit dans des cas précis) soit étendu aux compagnies d'IA pour permettre à leurs modèles de s'entraîner sur ces données sans la moindre restriction. La « sécurité nationale » serait en jeu, assure l'entreprise californienne, sévèrement concurrencée par le modèle low cost du chinois DeepSeek et pour laquelle « il ne fait aucun doute que les développeurs d'IA de la République populaire de Chine bénéficieront d'un accès illimité aux données, y compris [à celles] protégées par le droit d'auteur, ce qui améliorera leurs modèles ».
Les artistes ont répondu vertement aux deux firmes de la tech : « Il n'y a aucune raison d'affaiblir ou d'éliminer les protections du droit d'auteur, qui a permis à l'Amérique de prospérer [...]. Nous croyons fermement que le leadership mondial de l'Amérique en matière d'IA ne doit pas se faire au détriment de nos industries créatives. » Des « industries créatives » qui ne se limitent pas, d'ailleurs, au secteur du divertissement : « Lorsque les entreprises technologiques et d'IA exigent un accès illimité à toutes les données et informations, écrivent encore les signataires de la lettre ouverte, elles ne menacent pas seulement les films, les livres et la musique, mais le travail de tous les écrivains, éditeurs, photographes, scientifiques, architectes, ingénieurs, designers, médecins, développeurs de logiciels, et de tous les autres professionnels qui travaillent avec des ordinateurs et génèrent de la propriété intellectuelle. »
Mark Ruffalo et ses amis ont beau jeu de souligner l'importance de l'industrie américaine des arts et du divertissement, sur le plan tant économique (plus de 2,3 millions d'emplois américains, et plus de 229 milliards de dollars de salaires annuels) que géostratégique (elle constitue « le fondement de l'influence démocratique et du soft power américain à l'étranger »). Ils pointent aussi, non sans malice, la valorisation boursière gigantesque de Google et d'OpenAI. Avec une capitalisation boursière de respectivement 2 000 milliards et 157 milliards de dollars, les deux géants américains de l'IA ont, a priori, une surface financière suffisamment importante pour rémunérer les ayants droit. Reste à convaincre Donald Trump de la justesse de leurs analyses - ce n'est pas gagné...
El Roslino
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